# Notification invalidité catégorie 2 : comment la comprendre ?
Recevoir une notification d’invalidité catégorie 2 de la part de votre Caisse primaire d’assurance maladie représente un tournant majeur dans votre parcours professionnel et personnel. Ce document administratif, souvent perçu comme complexe, détermine pourtant l’ensemble de vos droits sociaux, le montant de votre pension mensuelle et vos perspectives d’avenir. Comprendre précisément chaque élément de cette notification vous permettra non seulement de vérifier l’exactitude des informations communiquées, mais également d’anticiper les démarches administratives à venir et d’optimiser vos droits fiscaux et sociaux. L’invalidité catégorie 2 concerne aujourd’hui plus de 350 000 bénéficiaires en France, selon les dernières statistiques de l’Assurance Maladie, et représente une reconnaissance officielle de votre incapacité absolue à exercer une profession quelconque.
Définition juridique et cadre légal de l’invalidité catégorie 2 selon l’article L341-4 du code de la sécurité sociale
L’article L341-4 du Code de la sécurité sociale constitue le fondement juridique de la classification en invalidité catégorie 2. Cette disposition légale définit avec précision les trois catégories d’invalidité reconnues par le système français de protection sociale. La catégorie 2 concerne spécifiquement les assurés sociaux qui sont absolument incapables d’exercer une profession quelconque, contrairement à la catégorie 1 qui permet encore une activité rémunérée réduite. Cette distinction juridique n’est pas anodine : elle conditionne directement le montant de votre pension, calculé à 50% de votre salaire annuel moyen contre 30% pour la catégorie 1.
Le cadre légal impose également des conditions d’attribution strictes : vous devez justifier d’une affiliation à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois au premier jour du mois de l’arrêt de travail, et avoir cotisé sur la base d’une rémunération équivalente à 2 030 fois le SMIC horaire, soit environ 24 116 euros en 2025. Ces critères garantissent que seules les personnes ayant effectivement contribué au système bénéficient de cette protection sociale renforcée. La notification que vous recevez matérialise juridiquement cette reconnaissance et ouvre l’ensemble de vos droits.
Critères médicaux d’attribution : incapacité de travail supérieure à 66%
Le seuil de 66% d’incapacité constitue le critère médical déterminant pour l’attribution de la catégorie 2. Concrètement, cela signifie que votre capacité de travail et de gain est réduite d’au moins deux tiers par rapport à celle d’une personne de même qualification professionnelle et résidant dans la même région géographique. Cette évaluation ne se limite pas à une simple mesure physique : elle prend en compte votre état général, votre âge, vos facultés physiques et mentales, vos aptitudes professionnelles et votre formation. Le médecin-conseil examine également votre capacité à vous procurer un salaire supérieur au tiers de la rémunération normale des travailleurs de votre catégorie.
Distinction avec l’invalidité catégorie 1 et catégorie 3 de la CPAM
La catégorie 1 s’applique aux personnes invalides encore capables d’exercer une activité rémunérée, même partiellement. Leur pension représente 30% du salaire annuel moyen, avec un montant minimum de 335,29 euros et un maximum de 1 201,50 euros men
suel en 2025. La catégorie 3, quant à elle, vise les assurés absolument incapables d’exercer une activité professionnelle et nécessitant en plus l’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie quotidienne. La pension y est également calculée sur la base de 50% du salaire annuel moyen, mais elle est majorée de 40% au titre de la majoration pour tierce personne (MTP), ce qui porte le montant maximal à plus de 3 200 € par mois. Comprendre ces nuances est essentiel pour vérifier que la catégorie mentionnée dans votre notification d’invalidité catégorie 2 correspond bien à votre situation réelle.
Rôle du médecin-conseil de l’assurance maladie dans l’évaluation
Le classement en invalidité catégorie 2 résulte d’une décision médicale et administrative prise par le médecin-conseil de votre caisse d’Assurance Maladie (CPAM ou MSA). Ce médecin ne se contente pas de lire vos comptes rendus hospitaliers : il apprécie votre cas dans sa globalité, en confrontant les éléments médicaux (diagnostics, traitements, séquelles) à votre situation professionnelle concrète. Il peut, si nécessaire, vous convoquer à un examen clinique, demander des examens complémentaires ou solliciter l’avis de spécialistes.
Juridiquement, c’est ce médecin-conseil qui fixe la date de début de l’invalidité, appelée date d’effet, que vous retrouverez noir sur blanc sur votre notification d’invalidité catégorie 2. C’est aussi lui qui choisit la catégorie (1, 2 ou 3) en fonction des critères de l’article L341-4 du Code de la sécurité sociale. Même si vous vous sentez « totalement incapable de travailler », son appréciation reste souveraine sur le plan de la Sécurité sociale, sous réserve des voies de recours. En pratique, la décision est prise à partir d’un faisceau d’indices : durée et échec des traitements, aggravation ou stabilisation de la pathologie, capacité à occuper un emploi aménagé, etc.
Barème indicatif d’invalidité et référentiel médico-administratif applicable
Pour objectiver au maximum l’attribution d’une invalidité catégorie 2, le médecin-conseil s’appuie sur un barème indicatif d’invalidité, aussi appelé référentiel médico-administratif. Il s’agit d’un document interne à l’Assurance Maladie qui liste, pour de nombreuses pathologies (cardiaques, neurologiques, psychiatriques, ostéo-articulaires…), des fourchettes de pourcentage de réduction de la capacité de travail. Ce barème n’a pas valeur de loi, mais il sert de guide pour harmoniser les décisions sur l’ensemble du territoire.
Concrètement, ce référentiel permet de transformer votre situation médicale en pourcentage d’incapacité fonctionnelle et professionnelle. C’est un peu comme une grille d’évaluation scolaire : chaque critère (douleurs, fatigabilité, limitation de mouvement, troubles cognitifs) donne des points qui, additionnés, aboutissent à un score global. Si ce score dépasse les deux tiers de perte de capacité de travail et de gain, l’invalidité catégorie 2 est envisagée. Il est important de comprendre que ce barème reste indicatif : votre vécu, votre métier, votre âge et vos possibilités réelles de reclassement peuvent conduire le médecin à s’en écarter, à la hausse comme à la baisse.
Contenu et mentions obligatoires de la notification CPAM d’invalidité catégorie 2
La notification d’invalidité catégorie 2 n’est pas une simple lettre d’information ; c’est une véritable décision administrative qui doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires. Chaque ligne a son importance, que ce soit pour le calcul de votre pension, vos démarches auprès de votre employeur ou d’une assurance prévoyance. En la décortiquant point par point, vous pourrez vérifier sa conformité et repérer d’éventuelles erreurs (date, montant, catégorie) qui justifieraient un recours.
Numéro de décision et références administratives de la caisse primaire
En haut de votre notification d’invalidité catégorie 2 figurent généralement le numéro de décision, la référence de votre dossier et l’identification de la caisse émettrice (CPAM de votre département, MSA, etc.). Ces éléments peuvent sembler secondaires, mais ils sont indispensables pour toute démarche ultérieure, notamment en cas de contestation devant la Commission de recours amiable (CRA) ou le Pôle social du Tribunal judiciaire. Pensez à les noter ou à conserver une copie numérique de votre notification.
La lettre rappelle également votre numéro de sécurité sociale, votre état civil et, le plus souvent, le fondement légal de la décision (référence à l’article L341-4 du Code de la sécurité sociale). Vous pouvez y trouver la mention explicite « mise en invalidité de 2e catégorie » ou une formulation équivalente. Si la catégorie n’est pas clairement indiquée, ou si une autre catégorie est mentionnée que celle que le médecin-conseil vous a annoncée oralement, il est essentiel de contacter rapidement votre caisse pour obtenir des explications écrites.
Montant de la pension d’invalidité : calcul basé sur le salaire annuel moyen
La notification d’invalidité catégorie 2 mentionne ensuite le montant brut mensuel de votre pension. Ce montant résulte d’un calcul standardisé : la CPAM détermine d’abord votre salaire annuel moyen (SAM), en retenant vos dix meilleures années de revenus soumis à cotisations dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026, soit 4 005 € par mois). Elle applique ensuite un taux de 50% pour la catégorie 2. On obtient ainsi un montant annuel, puis mensuel, encadré par un plancher et un plafond légaux.
En 2026, la pension d’invalidité catégorie 2 ne peut être inférieure à 338,31 € par mois ni supérieure à 2 002,50 € par mois, quels que soient vos anciens salaires. Si, par exemple, votre salaire annuel moyen est de 30 000 €, votre pension théorique sera de 15 000 € par an, soit 1 250 € brut par mois, sous réserve des éventuels prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa) et des règles de cumul avec des revenus d’activité. La notification doit préciser si ce montant est provisoire (en attente de vérifications) ou définitif, et indiquer les modalités de révision en cas de changement de situation.
Date d’effet et périodicité des versements mensuels de la rente
Autre mention clé de votre notification d’invalidité catégorie 2 : la date d’effet de la pension. Il s’agit de la date à partir de laquelle l’Assurance Maladie considère que votre invalidité est constituée au regard de la Sécurité sociale. Elle peut correspondre à la date de consolidation d’un accident non professionnel, à la fin de vos 3 ans d’indemnités journalières ou à la constatation médicale de l’usure prématurée de votre organisme. Cette date d’effet détermine la période à partir de laquelle vous pouvez prétendre aux paiements.
La notification précise également que votre pension d’invalidité catégorie 2 est versée mensuellement, à terme échu : en pratique, vous percevez la pension du mois de juillet au début du mois d’août, souvent autour du 5. La lettre peut mentionner un premier versement différé, notamment si des vérifications sont en cours ou si un rappel de pension doit vous être versé pour les mois antérieurs à la notification. En cas de doute sur le calendrier, n’hésitez pas à consulter votre espace personnel sur ameli.fr, où figure un historique de vos paiements.
Modalités de cumul avec l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI)
La notification d’invalidité catégorie 2 peut également préciser vos droits à l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI). Cette prestation, financée par la solidarité nationale, a pour objectif de garantir un revenu minimal aux personnes invalides disposant de faibles ressources. Elle n’est pas automatique : elle est accordée sous conditions de ressources, en prenant en compte votre pension d’invalidité, vos éventuels revenus d’activité, vos autres pensions ou rentes, ainsi que, dans certains cas, les ressources de votre conjoint.
Si la CPAM estime que vous êtes susceptible de remplir les conditions pour l’ASI, la notification peut vous inviter à déposer un dossier spécifique. Le cumul pension d’invalidité catégorie 2 + ASI est plafonné : si le total dépasse le montant maximum autorisé, l’ASI est réduite en conséquence. L’intérêt de cette allocation est toutefois majeur pour les personnes dont la pension est proche du minimum légal (environ 340 € par mois) et qui ne disposent pas d’autres revenus. Notez enfin que l’ASI, contrairement à la pension d’invalidité, est non imposable et exonérée de CSG-CRDS.
Décryptage du taux d’incapacité permanente professionnelle mentionné dans la notification
Selon les situations, votre notification d’invalidité catégorie 2 peut faire référence à un taux d’incapacité permanente, parfois noté IPP ou taux d’incapacité. Cette mention prête souvent à confusion, car elle renvoie à plusieurs systèmes de référence : celui de la Sécurité sociale pour les maladies et accidents non professionnels, celui des accidents du travail et maladies professionnelles, et celui de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Comment s’y retrouver ? En comprenant d’abord la méthode d’évaluation utilisée.
Méthodologie d’évaluation du guide barème des invalidités selon le décret du 4 juillet 2011
Pour apprécier le taux d’incapacité, les caisses d’Assurance Maladie s’inspirent du Guide barème des invalidités, issu notamment du décret du 4 juillet 2011 qui encadre l’évaluation des déficiences et incapacités. Ce guide détaille, organe par organe (vue, audition, locomotion, système nerveux, psychisme…), des échelles de pourcentage en fonction de la gravité des séquelles et de leurs répercussions dans la vie quotidienne et professionnelle. Imaginons-le comme une « règle graduée » permettant d’objectiver des situations très diverses.
La méthodologie repose sur une approche globale : il ne s’agit pas seulement de mesurer une limitation fonctionnelle (par exemple, une perte de mobilité articulaire), mais d’évaluer son impact sur votre capacité à exercer votre métier ou un métier compatible avec vos compétences. Le médecin-conseil peut ainsi attribuer un taux global d’incapacité en combinant plusieurs atteintes, en tenant compte de votre âge, de votre formation et des possibilités d’aménagement de poste. Ce taux, lorsqu’il est mentionné dans votre notification d’invalidité catégorie 2, sert surtout de repère médical et administratif.
Impact du taux d’IPP sur le calcul de la pension versée par la sécurité sociale
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le taux d’incapacité permanente professionnelle n’entre pas directement dans la formule de calcul de la pension d’invalidité catégorie 2. La pension reste toujours calculée à partir de votre salaire annuel moyen et du taux de 50% prévu par la loi. En revanche, ce taux d’IPP joue un rôle dans la décision de vous classer en catégorie 2 plutôt qu’en catégorie 1, ainsi que dans les réévaluations ultérieures de votre situation (amélioration ou aggravation).
Dans le régime des accidents du travail et maladies professionnelles, le taux d’IPP a un impact bien plus direct puisqu’il conditionne le montant de la rente AT/MP. Si vous bénéficiez à la fois d’une pension d’invalidité catégorie 2 (pour une pathologie non professionnelle) et d’une rente AT/MP (pour un accident ou une maladie liés au travail), la notification peut préciser les modalités de cumul et les plafonds applicables. Là encore, le taux d’incapacité sert alors de point de repère pour vérifier la cohérence des montants qui vous sont versés par les différents régimes.
Différence entre taux d’incapacité MDPH et taux d’invalidité CPAM
Il est fréquent que les assurés confondent le taux d’incapacité MDPH (souvent exprimé en fourchettes de 50 à 79% ou 80% et plus) avec le statut d’invalidité catégorie 2 reconnu par la CPAM. Pourtant, il s’agit de deux dispositifs distincts, avec des objectifs et des effets différents. La MDPH évalue le handicap global de la personne dans la vie quotidienne et sociale, tandis que la CPAM évalue la capacité de travail et de gain dans le cadre professionnel.
Vous pouvez ainsi être reconnu à 80% de handicap par la MDPH, ouvrir droit à la carte mobilité inclusion (CMI) et à certains aménagements, sans pour autant bénéficier d’une pension d’invalidité catégorie 2 si vous êtes encore en mesure d’exercer une activité adaptée. À l’inverse, une invalidité catégorie 2 peut être accordée par la CPAM alors que le taux MDPH est inférieur à 80%. Lorsque votre notification d’invalidité catégorie 2 mentionne un taux, vérifiez bien de quel système il s’agit et ne l’assimilez pas automatiquement au taux qui figure sur vos décisions MDPH.
Droits sociaux et fiscalité associés à la pension d’invalidité catégorie 2
Au-delà du simple versement mensuel, votre notification d’invalidité catégorie 2 ouvre l’accès à un ensemble de droits sociaux et emporte des conséquences sur votre situation fiscale. Bien les connaître vous permet d’optimiser vos ressources, d’éviter des régularisations ultérieures et de faire valoir des exonérations auxquelles vous avez droit. La pension d’invalidité est un revenu de remplacement particulier : elle se situe à mi-chemin entre le salaire et la pension de retraite, avec des règles spécifiques en matière de contributions sociales et d’impôt sur le revenu.
Exonération de la CSG-CRDS selon le revenu fiscal de référence
Par défaut, la pension d’invalidité catégorie 2 est soumise à plusieurs contributions sociales : la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et la Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie). Toutefois, votre notification peut mentionner que vous bénéficiez d’une exonération totale ou partielle de ces prélèvements, en fonction de votre revenu fiscal de référence (RFR) et de la composition de votre foyer fiscal.
Si votre RFR se situe en dessous de certains plafonds fixés chaque année, ou si vous percevez l’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), vous pouvez être totalement exonéré de CSG, CRDS et Casa sur votre pension d’invalidité catégorie 2. À l’inverse, un RFR plus élevé entraîne l’application de taux normaux ou réduits de CSG. Votre avis d’imposition et votre notification de pension d’invalidité sont donc deux pièces à croiser pour vérifier si le taux appliqué est conforme. En cas d’erreur, il est possible de demander une rectification à la CPAM.
Cumul possible avec l’allocation adulte handicapé (AAH) de la MDPH
Beaucoup de bénéficiaires d’une invalidité catégorie 2 se demandent s’ils peuvent cumuler leur pension avec l’allocation aux adultes handicapés (AAH). La réponse est oui, mais avec des règles de plafonnement. L’AAH, versée par la CAF après décision de la MDPH, vise à garantir un revenu minimal aux personnes handicapées dont les ressources sont faibles. En 2026, son montant maximal s’élève à environ 1 033,32 € par mois.
Si le montant de votre pension d’invalidité catégorie 2 est inférieur à ce plafond, l’AAH peut venir en complément pour atteindre ce niveau, sous réserve des ressources de votre foyer. Votre notification d’invalidité ne mentionne pas l’AAH elle-même, mais elle constitue une pièce clé à joindre à votre dossier MDPH et CAF. En pratique, si votre pension est de 700 € par mois et que vous n’avez pas d’autres revenus, l’AAH pourra vous verser un complément d’environ 333 € pour atteindre le montant maximal, sous réserve de l’accord de la MDPH et de la CAF.
Majoration pour tierce personne (MTP) : conditions d’éligibilité spécifiques
La majoration pour tierce personne (MTP) est en principe réservée aux assurés classés en invalidité de catégorie 3, c’est-à-dire ceux qui sont absolument incapables d’exercer une activité professionnelle et qui ont besoin d’une aide pour accomplir les actes ordinaires de la vie (se laver, s’habiller, se nourrir…). Elle porte la pension à 50% du salaire annuel moyen, majorés de 40%. Toutefois, certaines situations limites en catégorie 2 peuvent conduire à réexaminer la classification si les besoins d’aide humaine deviennent importants.
Votre notification d’invalidité catégorie 2 ne mentionnera donc la MTP que dans l’hypothèse d’un reclassement ultérieur en catégorie 3. Si, au cours du temps, votre état de santé s’aggrave au point de nécessiter une présence quasi permanente d’un proche ou d’un professionnel, il peut être pertinent de demander une révision de votre invalidité. En cas de passage en catégorie 3, une nouvelle notification mentionnera alors expressément la majoration pour tierce personne, son montant et ses modalités de versement, cette majoration étant par ailleurs exonérée de tout prélèvement social et fiscal.
Déclaration fiscale : imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu
Sur le plan fiscal, la pension d’invalidité catégorie 2 est assimilée à une pension de retraite imposable. Elle doit donc être déclarée chaque année dans votre déclaration de revenus, dans la rubrique « pensions, retraites, rentes ». Le montant à déclarer est le montant net imposable figurant sur le relevé annuel transmis par la CPAM, après déduction éventuelle des contributions sociales. L’administration applique ensuite un abattement de 10% comme pour les autres pensions.
Il existe quelques exceptions : si votre pension d’invalidité est versée en complément d’une rente pour accident du travail ou maladie professionnelle, certaines fractions peuvent bénéficier d’un traitement fiscal particulier. De plus, si vous percevez uniquement une pension d’invalidité de faible montant, vous pouvez être en dessous du seuil d’imposition. Dans tous les cas, votre notification d’invalidité catégorie 2 ne détaille pas ces aspects fiscaux, mais elle constitue la base juridique justifiant que ces revenus relèvent bien du régime des pensions et non des salaires.
Procédure de contestation et recours contre la notification d’invalidité catégorie 2
Vous n’êtes pas d’accord avec la catégorie retenue, la date d’effet, le montant ou même le refus d’une pension d’invalidité ? La notification d’invalidité catégorie 2 indique les voies et délais de recours dont vous disposez. Il est essentiel de les respecter scrupuleusement : passé certains délais, la décision devient définitive et il devient très difficile, voire impossible, de la remettre en cause. Heureusement, le système français prévoit plusieurs niveaux de contestation, du recours amiable à la procédure judiciaire.
Commission de recours amiable (CRA) : délai de 2 mois et formalisme requis
La première étape consiste à saisir la Commission de recours amiable (CRA) de votre caisse d’Assurance Maladie. Vous disposez d’un délai de 2 mois à compter de la date de notification (celle figurant sur le courrier, pas nécessairement celle de réception) pour déposer ce recours. La démarche se fait par courrier recommandé avec accusé de réception, adressé à la CPAM, en rappelant la référence de la décision contestée et en expliquant précisément les motifs de votre désaccord.
Dans votre lettre, joignez une copie de la notification d’invalidité catégorie 2 et, si possible, tout élément médical ou administratif nouveau (compte rendu récent, attestation de votre employeur, avis d’un spécialiste). La CRA examine votre dossier sur pièces et peut, dans certains cas, demander l’avis d’un autre médecin-conseil. Elle dispose en principe d’un délai d’un mois pour statuer. À défaut de réponse dans ce délai, votre recours est réputé rejeté, ce qui ouvre alors la voie à un recours contentieux devant le Pôle social du Tribunal judiciaire.
Saisine du tribunal judiciaire – pôle social en cas de rejet de la CRA
Si la décision de la CRA ne vous satisfait pas, ou si elle n’a pas répondu dans le délai imparti, vous pouvez saisir le Tribunal judiciaire – Pôle social compétent pour votre domicile. Là encore, le délai est de 2 mois à compter de la notification de la décision de la CRA (ou du rejet implicite). La saisine se fait généralement par requête écrite, adressée au greffe du tribunal, en joignant la décision contestée, la notification initiale d’invalidité catégorie 2 et tous les éléments justificatifs utiles.
Le juge social peut ordonner une nouvelle expertise médicale, entendre les parties et, in fine, confirmer, modifier ou annuler la décision de la CPAM. Contrairement à la CRA, il s’agit d’une juridiction indépendante de l’Assurance Maladie. Vous pouvez vous y présenter seul, mais l’accompagnement par un avocat ou une association spécialisée peut être précieux pour défendre au mieux vos intérêts, surtout si les enjeux financiers (montant de la pension, catégorie, date d’effet) sont importants.
Expertise médicale contradictoire et contre-expertise auprès d’un médecin spécialiste
Au cœur des litiges portant sur une notification d’invalidité catégorie 2 se trouve souvent l’appréciation médicale de votre état. Pour contester cette appréciation, vous pouvez produire des certificats de vos médecins traitants ou spécialistes détaillant vos incapacités fonctionnelles, vos traitements et les limitations concrètes dans votre vie professionnelle. Plus ces documents sont précis (durée des arrêts, tentatives de reprise, échecs d’aménagement de poste), plus ils auront de poids.
Dans le cadre d’un recours judiciaire, le juge peut désigner un médecin expert indépendant chargé de réaliser une expertise contradictoire. Vous avez le droit d’être assisté de votre propre médecin lors de cette expertise. L’objectif est de fournir une évaluation neutre et complète de votre état, en confrontant les conclusions du médecin-conseil et celles de vos praticiens. Si l’expert confirme une incapacité de travail supérieure à deux tiers, il renforcera nettement la crédibilité de votre contestation de la notification d’invalidité catégorie 2.
Révision et réévaluation périodique du statut d’invalidité catégorie 2 par la CPAM
La notification d’invalidité catégorie 2 ne constitue pas un « jugement à vie ». Le Code de la sécurité sociale prévoit expressément que l’Assurance Maladie peut réviser, suspendre ou supprimer la pension si votre état de santé ou votre situation professionnelle évoluent. Cela peut jouer en votre défaveur (en cas d’amélioration) comme en votre faveur (en cas d’aggravation nécessitant un passage en catégorie 3, par exemple). Il est donc important d’anticiper ces contrôles et de comprendre sur quels critères ils reposent.
La CPAM peut procéder à des contrôles périodiques, parfois tous les 1 à 3 ans, ou déclencher une révision en cas de reprise d’activité professionnelle significative ou de modification déclarée de votre état de santé. Vous pouvez être convoqué à un nouvel examen par le médecin-conseil, qui réévaluera votre capacité de travail et votre taux d’incapacité. Si votre état s’est nettement amélioré (par exemple, grâce à un traitement efficace ou à une chirurgie réussie), la caisse peut décider de vous reclasser en catégorie 1, voire de mettre fin à votre pension.
Inversement, si votre situation se dégrade (douleurs accrues, apparition de nouvelles pathologies, perte d’autonomie dans les actes de la vie quotidienne), vous avez la possibilité de demander vous-même une révision de votre invalidité. Une nouvelle notification pourra alors constater un passage en catégorie 3 et ouvrir droit, le cas échéant, à la majoration pour tierce personne. Dans tous les cas, conservez précieusement vos notifications successives et tenez à jour un dossier médical complet : ils seront vos meilleurs alliés pour faire valoir vos droits lors de ces réévaluations.